Vers une démocratie Budgétaire

Des siècles de pouvoirs constatent la prévalence des intérêts particuliers sur ceux de la nation. Rares sont les incorruptibles à la vanité, et régulières sont les tentations devant un système faillible. Ces faiblesses sont humaines, et même si certains élues ne manquent pas de vertu, l’intègre ne peut être l’impartial représentant du peuple sans fournir une réponse concluante face à l’ubiquité des intérêts. Pour qu’une démocratie existe, il faut qu’une parcelle de pouvoir vibre en chacun. Notre Vè République cède ce pouvoir dans un festival de promesses, et nos urnes actionnent une machine à décevoir en masse. Cela ne peut aboutir qu’au néfaste, car les minorités sont écrasées, les proportions niées et la fraternité abrogée.

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Partant du principe que l’argent régie en grande partie l’État, le citoyen aurait un droit sur le budget national. Il pourrait allouer une somme, la même pour tous, vers les grands pans à financer. Éducation, santé, armement… Dès lors, chacun se verra respecté dans l’exercice de ses choix, et aura la douce sensation de diriger les impôts vers ses idéaux. Actuellement, nous sommes dans un étrange magasin de chaussures : vous payez, mais le vendeur choisit la paire à votre place. C’est tribal, médiéval, carnaval ! La logique, c’est que l’on choisisse sois-même ! Il en va de même avec les impôts.

Collectivement, la force de certains désirs auraient une application directe. Par exemple, l’urgence écologique ne serait plus un argument en novelangue de bois : les convaincus pourraient libérer du budget dans ce secteur. Cela soulagerai les frustrations devant l’inaction, et ouvrirai de nouveaux marchés. Le peuple marchera vers ses besoins, pourra s’adapter aux imprévues, et préservera son équilibre social, même lorsque les castes dirigeantes vernissent un pompon d’omnipotence.

Toutefois, le peuple est changeant, malléable aux modes et à l’information dirigée. Il n’est pas le plus éduqué aux enjeux de la finance. Un regard professionnel est de rigueur. C’est pourquoi, le parlement doit disposer de la moitié du budget national, qu’il votera, en rétro-contrôle, suite à la décision des citoyens. Pour établir cette proposition d’hétéronomie, l’informatique sera d’une aide précieuse. Une grille dispose ce qui est finançable. Vous avez une dizaine de points à répartir selon vos goûts. L’algorithme comptabilise les scores, et c’est joué.

Dorian Clair | 2017-08