Poème et Science dans la Littérature

Règne une dichotomie entre la science et le poème, qui se traduit par une dissemblance flagrante entre la technicité écrite des tables de la lois et la magie des chansons romantiques. Une hiérarchisation des formes exprimées n’est pourtant pas judicieuse puisqu’elle corrèle l’intérêt du lecteur. Restreignant mon champ d’étude aux écrits de fictions, j’aimerais montrer qu’avec ces deux extrêmes d’apparence antagonistes, se trouve une accointance bénéfique. Pour ce faire, je désacraliserai la nature poétique, pour reconsidérer la science, et montrer qu’un dosage harmonieux se dirige avec responsabilité.

Science aux visages de certitudes, connaissances acquises de la raison et de l’expérience, ton formalisme, ce savoir-faire n’est pas un poème ! Celui là est volatile, neuf, en quête de découvertes : se glisse t-il dans les vers en faisant l’apanage des proses ? Court-il avant l’être, créer, devenir ? Croire et voir ce qu’illusion tourmente dans une ronde obsédante, un orgueil implacable à exprimer les vanités inaccessibles : ces papillons informes du reflet matériel s’agitent d’ailes fractalement chaotiques qui éclatent toutes synthèses diluées ! Comme objectif d’écrit, c’est dangereusement gamin, un peu aveugle et sur la bonne route car l’entendement tâtonne vers une flamme obscure…

Quant à toi, érudition lumineuse qui crache des vérités d’influences en déséquilibre vivant, tes observateurs décortiquent ta décadence. Aligne des nuances utiles, que ton accusation de médiocrité devienne un idéal tranchant… ! Cette irisation primaire n’est pas à fossoyer puisqu’elle forme la matière des sphères communes : les mots ont la limite de ceux qui peuvent entendre. Aux purs, à quoi bon se concevoir une langue inédite, lorsque des lettres sethfis dans le désordre achtem mettent déjà fuite la : en : créativité ir plouc ?! Faire le malin raffiné, imposer son éducation, volonté de puissance et démesure des actes par le privilège.

Est-il préférable d’appliquer une sagesse réaliste ou d’investir les folies mirifiques ? Dilemme à conséquences qui souligne l’intention, la porté et l’audace. Enfermé pour une vérité, déjà s’achève l’étincelle poétique, donc efface les limites par la multiplicité des techniques acquises, qu’une invention humble peu suppléer. N’oublie pas qu’il n’y a aucune originalité dans l’action d’écrire, même avec le pied gauche sur une hémistiche d’hexamètre rimant sur un quart de vers libre ultra-théorisé, même en travaillant son âme auto-proclamée divine à surpasser Jésus en mode super déchu ténébreux de l’apocalypse. Ce sont des assouvissements compensatoires ! Tannes ton exigence à grandir en t’allient des deux !

L’imaginaire est un outil comme un autre, une enluminure nécessaire à la technique et inversement. Il ne faut pas s’en aveugler, s’y replier. Rend lisible un accomplissement et dirige cette force existentielle vers autrui ! L’animal change peut-être plus que ce qu’on aime à se murmurer car son humanité se libère de contraintes équivoques… Actuellement, le but est la concorde dans sa pluralité, car se marcher sur la gueule, c’est aussi facile qu’abandonner le sourire et fuir les conséquences de la création. Faut avancer positivement, désamorcer les Cauchemars, taire certains sentiers dangereux et inconnus, garder les yeux ouverts sur les divers plans idéels et matériels, mettre son pouvoir à hauteur du mécanisme fondent le divertissement pour la sagesse, et s’astreindre de subtilités. De la mesure, troubadours !

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Dans la foret des Arts, la Littérature est un immense arbre fruitier. Sur le houppier, il y a des ramifications favorites, d’autres niées ou encore oubliées… Plus les fleurs se donnent au soleil avec un xylème épais, plus la sève sculpte de beaux fruits. S’ils poussent trop haut, ils deviennent inaccessibles. Trop bas, c’est piétiné. Qui voudrait en cueillir un trop sec, fade ou pourrit si ce n’est les petits singes qui ont déjà tout parcourut ? Toi dont l’inflorescence ne s’arrête plus, veille à nourrir les affamés d’un goût inattendu et exquis, qu’ils en redemandent, puisqu’ils te rendent !

Dorian Clair | 2015-05-09