Le roi de cœur

Ce poème a fait l'objet d'une adaptation.

NOIR – NOIR - NOIR

PRINCE

(Son regard se perd au vague)

En ces moments sombres accablant mon esprit,

Où la gloire ternie me souille d'infamies,

J'affronte mon futur en jugent le passé,

Recherchant en moi la force de pardonner.

(Une pause, il semble regarder quelqu'un de haut)

Ce voleur détroussait mon sang de ses honneurs

Se jouant des valeurs, me maculant d'horreurs,

Sapant virilité, flétrissant ma fierté,

Bannissant ma blancheur sans le moindre regret !

(Avec moins d'emphase, pour lui même)

Du rouge de mes chaires au bleu ruiné d'un soir,

Le dilemme honteux jette un noir et m'égare :

Faire d'un acte vengeur le deuil d'une nation

Ou fuir sa couronne par une abdication ?

(Textuellement, en arrière plan)

Oublier son visage injuriant mes aïeux

Condamne à jamais la vie dans mes yeux.

Mais le voir, faible, suppliant à genoux

Appuie le noème pour son terrible coût.

(Parlant au vent)

Ah ! Destin malicieux, le lacis de tes choix

Brouille l'évidence et me laisse pantois.

(Levant lentement la tête au niveau de la caméra)

Me faut-il méditer ? Détruire le passé ?

Déracinons le mal afin de me venger !

BALCON – JOUR

PRINCE

(Désignant par delà le balcon.)

Ma tendre, ma douce, cette heure est à nous.

Voit la joie, la liesse, la fête : de partout !

Notre peuple riant, buvant, chantant le vin

Célèbre par ses cries l’événement divin,

Où l'amour florissant en cet instant de vie,

Lieras par nos âmes, nos maisons, nos patries.

(Se tournant vers la princesse.)

Mais si j'adule vos yeux, sont-ils pour moi sincère ?

Ôtez moi d'un doute, toutefois nécessaire.

Ce glorieux hyménée que je désire tant

Est-il pour vous plaisant ? Serais-je votre amant ?

Vous sied t-il de me voir, dois je fuir vos regards ?

Faut-il pour vous plaire, postuler d'un bonsoir ?

Ne taisez plus le vrai, rassurez mes affres...

 

PRINCESSE

Ô mon prince, ma main avec passion s'offre

A ce qui est fidèle, et entend par vos mots

Apaiser l'ouragan vous tourmentant, bientôt !

Car j'aime vos lauriers, vos torrents de charmes

Couronnant sur mon front, l'éclat, d'une palme.

 

PRINCE

Vous parlez, vous songez, murissant vos devoir

Mais chacun de vos traits exigent la gloire...

Dans votre lexème déplaisant, vous cherchez

une algarade !

 

PRINCESSE

Non ! Pour ne rien cacher,

Je nourrit en secret depuis un jour lointain

D'apposer vos lèvres aux miennes, et vos mains...

Pardonnez ma vertu, je ne m'avance pas plus.

 

PRINCE

Ouvriraient le chemin sous les monts de Vénus ?

Princesse, c'est assez !

 

PRINCESSE

Seigneur ! On me souffla

Un proche, le traître, l'aparté que voilà.

Je vous prie, pardonnez mes propos flagorneurs !

Je souhaitais vous plaire ! Éviter ce malheur !

En raison, je trouvais moi aussi le fait bas :

Décrocher le lune est un vilain exploit

Mais j'espérais l'amour, et pour vos sentiments,

La honte d'un rebours n'est qu'un désagrément...

(Elle s'agenouille)

 

PRINCE

Est ce une excuses ?

 

PRINCESSE

Oui... J'attends le procès

de mes maladresses...

 

PRINCE

(La regardant un instant, presque menaçant, puis se ravisant)

Vos remords m'ont touchés.

Un instant courroucé, et de nouveau serein,

Je puis vous regarder sans l'impair d'un chagrin.

A l'avenir cessez de craindre mes penchants :

Par faveurs, je souris sur l'élan pétulant.

J'efface les griefs de vos erreurs passés,

Je banni l'injure, c'est déjà oublié.

(Au loin comme au lever d'un rêve, sonne le carillon)

J'entends la genèse par le chant des cloches

Hâtons nous : l'exorde, l'homélie s'approche.

 

NOIR – NOIR – NOIR

 

INTERTITRE

Au sortir de l'église, pour les commodités,

Ils furent laissés seuls, afin de consommer.

 

CHAMBRE – NUIT PRINCESSE

(Revancharde)

La persévérance à me prendre ainsi,

En manquant de vigueur m'occasionne d'ennuis.

Fûtes vous sculpté court, à la mode ancienne

Que la tige veiné mettrait de la sienne !

Sans ces perspectives, recouvrez de pampre

La ronde-bosse de son bas relief propre.

 

PRINCE

(Penaud)

Comment satisfaire et assumer à la fois

Son plaisir de prince et son devoir de roi ?

A l'issue des noces, mon père dans son lit

Me confia... mourant, la gestion du pays...

Depuis lors tressaillant de peur, mais d'agrément,

Je tremble en mon fort de devenir tyran.

 

PRINCESSE

(Le coupant)

Vos sottises coulent tel un lac dans la mer :

Vous cherchez à vos goûts un artifice amer !

En un mot, ouvrez vous à la vérité crue :

Ce n'est ni à vos gens, ni à mes jambes nue,

Que vous voulez prouver la mâle prouesse

Mais bien au géniteur de vos maladresses.

 

PRINCE

(Coup de tonnerre !)

Princesse, c'est assez !

 

PRINCESSE

(Sans faire attention)

Vous fuyez vous même

Le centre, le cœur, le foyer du problème.

(Par ironie)

Trompez vous de folies – chimères d'occasions –

Prenez un compère – pourquoi pas un mignons –

(Prenant un ton grave)

Trop lourdes pour un dos, les charges transportés,

Céderont aussitôt en vous cinglant de plaies.

Je donne l'indice : je suis une femme,

Et pour me conquérir, vous usez de charmes.

 

PRINCE

(Très calmement)

Princesse, c'est assez, laissez moi expliquer :

Si ce soir, je ne puis et ne veut vous toucher,

C'est que demain matin, quand vous serez levé.

Ce seras pour un deuil... Et nous sommes liés.

Dorian Clair Août 2012

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